Des voitures, des voitures et encore des voitures, voilà tout ce qui peuplait le garage de cet immeuble. Logique me direz-vous mais vous n'êtes pas un vampire qui souhaite sortir afin de manger et qui vient de se perdre dans un sous-sol digne d'un labyrinthe construit par Dédale en personne !
Déambulant ou plutôt errant dans un silence ponctué par le faible bruit de ses pas résonnant sur une matière puante qui composait la majorité des constructions humaines de l'époque. Désespérant, rageant et mettant à l'épreuve sa sagesse et sa patience infinie, les panneaux indiquant la sortie semblaient tous se contredire.
Ah mais voilà qu'un humain, une proie potentielle donc, se présente au détour d'un virage. Le vampire s'approche, se fond dans son ombre, il sent le sang chaud pulsant dans les veines et les artères, à fleur de peau, sa langue passe sur ses lèvres.
Le drogué se stoppe, dans ses délires il croit avoir vu une ombre mais l'ignore, il continue mais pourtant quelques mètres plus loin il s'arrête et une sueur froide lui glace l'échine, une terreur profonde le paralysant lorsque la peau froide l'enserre et que le souffle d'outre-tombe gèle la sueur sur sa peau. Les yeux exorbités, son oeil ténébreux le fixant intensément, une lueur de folie au fond de ses pupilles.
Conduis-moi à la sortie...j'ai besoin d'air...vite !
Lunis déglutit difficilement,il commençait à perdre patience, ce monde devenait fou.
Il le dirigea à travers les sous-sols le plus vite qui lui était permit pour finir devant une grande porte quelque peu rouillée de la largeur d'une voiture.
Passant par une petite sortie pour les piétons, le vampire put enfin humer l'air frais, quoiqu'un peu pollué, de la nuit. A voir la lune, il ne devait pas être beaucoup plus de minuit, peut être la première heure de nouveau jour, il restait cinq heures de liberté environ au suceur de sang avant de se faire anéantir par la lumière du jour.
L'humain commençait à s'agiter et une vive torsion de son horrible faciès brisa sa nuque dans un craquement sinistre; on aurait cru un geste naturel, il n'avait pas bougé, son regard toujours fixé sur le ciel étoilé.
C'était une bonne nuit pour la chasse, on pouvait sentir le sang, la vie, des couples s'activant et dégageant des odeurs musquées qui se diffusaient par les fenêtres ouvertes. La pureté, on la sentait également. Quel délicieux bouquet d'odeur en cette soirée qui s'annonçait des plus délicieuses.
C'était la fête semble t'il et énormément de jeunes proies attirantes déambulaient dans le quartier, la ville était en émoi et les rues pleines de promesses.
Lunis se dirigea vers les rues animées où il attira sa proie, une jeune et magnifique brune, sans doute tout juste vingt ans selon le critère humain.
Comme hypnotisé, elle le suivit sans résister vers un endroit plus calme où ils se collèrent l'un à l'autre.
Doucement il dirigea sa bouche vers son cou d'albâtre, il avait faim et elle allait lui servir de dîner.